← Tous les articles Performance commerciale

Un commercial n'atteint pas ses objectifs : garder, recadrer ou remplacer

Tableau de bord commercial : pipeline, taux de closing, cycle de vente

En bref : Un commercial sous son objectif pendant deux trimestres, ce n’est pas encore une décision RH. C’est une question de diagnostic. Un seul en dessous pendant que les autres tiennent : sujet individuel. Plusieurs en dessous : l’objectif, le territoire ou le process sont en cause, et changer la personne ne changera rien.

Le scénario est toujours le même. Un commercial est à 60 % de son objectif. Le trimestre précédent, il était à 65 %. Le manager dit qu’il “va se reprendre”. Le dirigeant commence à penser au remplacement.

Entre les deux, personne n’a posé la seule question utile : est-ce que le problème, c’est lui ?

La première question n’est pas “est-ce qu’il est bon”

Le réflexe, c’est de juger la personne. Son attitude, son énergie, son nombre de rendez-vous. C’est la mauvaise porte d’entrée.

La première chose à regarder, ce sont les autres commerciaux. Sur la même période, avec les mêmes produits, le même prix, le même marché.

Si un seul décroche pendant que l’équipe tient, le sujet est individuel. Il se traite en management, et ça peut se régler.

Si trois sur cinq sont sous 70 %, ce n’est plus un sujet de personne. C’est l’objectif qui est mal calibré, le territoire qui est mal découpé, le prix qui est sorti du marché ou les leads qui ne valent rien. Remplacer quelqu’un dans ce système, c’est payer un recrutement pour obtenir le même résultat six mois plus tard.

On l’a détaillé dans le diagnostic en 5 étapes quand vos commerciaux ne performent pas. Ici, on part du cas le plus fréquent : un seul commercial est en dessous.

Deuxième question : l’objectif était-il tenable ?

Avant de juger un écart, il faut juger la référence.

Beaucoup d’objectifs individuels sont construits à l’envers. On part du budget de chiffre d’affaires de l’entreprise, on divise par le nombre de commerciaux, et on ajoute 10 %. Personne n’a regardé ce que le territoire contient vraiment : combien de comptes, quel potentiel, quelle part déjà captée par un concurrent.

Un commercial qui hérite du territoire le plus pauvre avec le même objectif que ses collègues n’est pas en sous-performance. Il est mal dimensionné.

Le test tient en une ligne. Si son objectif avait été calculé à partir de son portefeuille réel, serait-il toujours en dessous ? Si la réponse est non, le sujet se règle dans la construction du plan de variable et des objectifs, pas dans son entretien annuel.

Troisième question : où est-ce que ça bloque dans son tunnel de conversion ?

Si l’objectif est tenable et que les autres y arrivent, on ouvre son pipeline. Pas son chiffre d’affaires : son pipeline.

Trois cas se présentent, et ils ne se traitent pas du tout pareil.

Il n’a pas assez d’opportunités. Son pipe est maigre en entrée. C’est un problème de prospection, de ciblage ou de temps disponible. Souvent, il passe ses journées à gérer ses clients existants et ne chasse plus.

Il a des opportunités, mais il ne les signe pas. Son taux de transformation est deux fois plus bas que celui de l’équipe. Le problème est dans la qualification, la découverte ou le closing. Ça se voit en assistant à trois rendez-vous.

Il signe, mais petit et lentement. Ses cycles sont plus longs, ses paniers plus faibles. Il vend le produit d’entrée de gamme parce qu’il le maîtrise, et évite le reste.

Chacun de ces cas a sa réponse. Aucune n’est “le motiver”. C’est là que la revue de pipeline hebdomadaire fait gagner des mois : elle montre le cas dès la quatrième semaine, au lieu du bilan de fin de trimestre.

Garder, recadrer ou remplacer

Une fois les trois questions posées, la décision devient beaucoup plus simple.

Garder et accompagner quand le problème est identifié, précis et travaillable. Un plan de 90 jours, un indicateur par semaine, un point hebdomadaire. Pas un “plan de progrès” flou qui dure un an.

Repositionner quand la personne est bonne sur une partie du métier et faible sur l’autre. Un excellent gestionnaire de comptes fait souvent un chasseur médiocre. Le changer de rôle coûte moins cher que de le perdre.

Remplacer quand l’objectif était tenable, que l’équipe l’atteint, que le point de blocage est identifié et que 90 jours d’accompagnement n’ont rien changé. Là, et seulement là.

L’erreur la plus chère, c’est la quatrième option, que personne ne choisit mais que tout le monde prend : attendre.

Ce que coûte l’attente

Un commercial payé 55 000 euros bruts coûte environ 80 000 euros par an toutes charges comprises. S’il réalise 60 % d’un objectif de 600 000 euros avec 40 % de marge brute, il manque 96 000 euros de marge sur l’année.

Le vrai coût de la situation approche 180 000 euros. Plus du double de son salaire.

Et chaque trimestre passé à “voir s’il se reprend” en ajoute un quart. Faites le calcul avec vos propres chiffres dans le simulateur du coût d’un commercial qui ne performe pas. En général, c’est ce montant qui débloque la décision.

Ce que ça dit souvent de l’organisation

Quand on remonte ces situations en mission, le commercial en difficulté est rarement le seul sujet.

Il révèle un manager qui n’a pas le temps de faire du terrain. Des objectifs posés sans lecture des territoires. Un CRM que personne ne lit. Une rémunération variable qui paie autant le produit facile que le produit stratégique.

Traiter le cas individuel sans regarder ça, c’est se donner rendez-vous au même endroit dans un an, avec un autre prénom.

Pour aller plus loin

Le diagnostic individuel se fait en quelques entretiens et une lecture de pipeline. Le diagnostic de l’organisation autour, c’est l’objet de l’audit commercial.

Si vous avez un commercial dans ce cas en ce moment et que vous hésitez, appelez-moi directement : 06 68 26 54 92. On regarde ensemble quelle question vous n’avez pas encore posée.

Envie d'en parler pour votre entreprise ?

Un appel de découverte gratuit de 30 minutes pour comprendre votre situation.

Prendre rendez-vous